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 Christophe Berthoud, 2005
 Joelle Lebailly, 2005
 Pierre Giquel, 2003
 Jean-Claude Lemagny, 1990
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Extraits de "La Vie de famille" de Christophe Berthoud, à l'occasion de
l'exposition éponyme au Nouveau Théâtre, artothèque d'Angers, 2005.
Comme si l'acte de photographier se payait d'un exil pour avoir partie
liée, contre l'insouciance, avec la finitude.
N'être pas tout à fait ici, ni maintenant, ni pareil, irréductiblement
singulier, c'est à ce doute existentiel qu'il nous introduit ici.
Cette discrétion de l'auteur est sans doute la condition qui nous permet
de faire nôtres ces images éparses qui ont l'intime et mystérieuse
nécessité des instants que l'on se remémore, paraît-il, au soir de notre
vie.
Extraits d'un texte de Joëlle Lebailly, à l'occasion de l'exposition "La Vie de
famille", Nouveau Théâtre, artothèque d'Angers, 2005.
… Des noirs d'ombre profonde semblent avaler l'image à partir des bords, ou
bien celle-ci est presqu'entièrement floue autour d'un objet lointain, ou bien
encore l'image quasi monochrome semble pétrifier personnages et objets dans une
attente improbable. Le réel s'éloigne derrière un voile qui le métamorphose et
nous introduit dans un autre monde où vivent les fausses preuves, les chimères
et les rites indéchiffrables. Le titre de la série prend alors un autre sens,
celui d'un hommage lointain aux images de Ralph-Eugene Meatyard ou Emmet Gowin
qui photographiaient leurs proches dans des compositions insolites.
Résolument inscrit dans la modernité par le choix de la couleur et celui des moyens
numériques qui complètent les moyens traditionnels, Olivier Péridy invente une
vision du monde qui doit autant à la sensualité des images qu'à une volonté
d'explorer le pouvoir de transgression de la photographie.
Extrait des "Aimées de lumière", de Pierre Giquel, à l'occasion de
l'exposition "Les Modèles égériques", le Ring, artothèque de Nantes,
2003.
La femme que surprend Péridy se distingue en même temps qu'elle rejoint
ses égales, celles qui traversent les films d'Antonioni, seules,
contemporaines, et qui d'un revers de la main vous quittent en
rejoignant leur monde auquel elles ne donneront jamais accès. L'instant
où le regard griffe l'objectif est demeuré unique, cruel dans son
caractère éphémère.
Extrait d'un texte de Jean-Claude Lemagny à l'occasion
d'une exposition à la Galerie Colbert, Bibliothèque Nationale de France, Paris, 1990.
Ses paysages sont toujours comme hantés de sa présence invisible (...). "Seul avec des arbres on est encore plus abandonné que seul avec un homme mort" constatait Rainer Maria Rilke. Cela est vrai mais pas toujours. Car, à travers le souvenir, certains coins du jardin de notre enfance sont nos plus sûrs compagnons de vie et nos plus sûrs refuges.
Dans ses images Olivier Peridy sait inclure le mystère fidèle d'un souvenir d'enfance. Beaucoup de rêve dans un petit espace. La photographie révèle ici sa faculté d'emmener en otage un fragment du réel décollé du temps.
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